Valentino taille dans le faux chic en multipliant les victoires en UDRP

UDRP Valentino

En 2026, la maison de luxe italienne Valentino continue d’utiliser la procédure UDRP et obtient le transfert du nom de domaine <valentinochic.com> dans la décision D2026-0800 rendue par l’OMPI.

Cette affaire illustre une nouvelle fois l’utilisation régulière de l’UDRP par Valentino notamment face aux atteintes en ligne, notamment en matière de contrefaçon.

Une marque Valentino mondialement reconnue et solidement protégée

La société plaignante revendique des droits incontestables sur la marque VALENTINO. Ces droits reposent sur un portefeuille étendu d’enregistrements à travers le monde, mais aussi sur une exploitation continue depuis plus de 60 ans.

La marque VALENTINO désigne des produits de haute couture et de luxe. Elle couvre notamment le prêt-à-porter, la haute couture, les sacs à main, la petite maroquinerie, les bagages, les chaussures, les bijoux, les lunettes et les parfums. La plaignante souligne un usage constant et intensif de la marque dans le cadre de son activité.

Ensuite, la notoriété de VALENTINO repose sur des investissements publicitaires considérables. Elle s’appuie également sur une clientèle internationale fidèle. La marque bénéficie ainsi d’une reconnaissance mondiale incontestable.

Par ailleurs, le réseau de distribution renforce cette renommée. Les produits VALENTINO sont disponibles dans plus de 90 pays. Le groupe exploite environ 160 boutiques en propre dans les emplacements les plus prestigieux. Il s’appuie aussi sur plus de 1 300 points de vente agréés.

Enfin, la présence en ligne de la plaignante est particulièrement dense. Elle détient plus de 1 000 noms de domaine intégrant la marque VALENTINO. Le nom de domaine <valentino.com>, enregistré dès 1998, redirige vers son site principal.

Un site de contrefaçon Valentino clairement identifié dans l’UDRP visant <valentinochic.com>

Dans cette affaire UDRP D2026-0800, le nom de domaine <valentinochic.com> reproduit intégralement la marque VALENTINO. L’ajout du terme « chic » renforce même l’association avec l’univers du luxe.

Le défendeur exploite ce nom de domaine pour proposer à la vente des produits présentés comme étant de marque VALENTINO. Toutefois, plusieurs éléments démontrent leur caractère contrefaisant.

D’une part, les prix affichés sont nettement inférieurs à ceux des produits authentiques. D’autre part, le site reprend des visuels et des références propres à la marque, sans autorisation.

En outre, le site fournit des informations détaillées sur l’exploitant. Cela ne suffit pas à établir un usage légitime. Au contraire, cela confirme une exploitation commerciale visant à tromper les consommateurs.

Le panel conclut donc à l’absence de droits ou d’intérêts légitimes du défendeur. Il retient également la mauvaise foi, tant à l’enregistrement qu’à l’usage du nom de domaine.

Le transfert du nom de domaine au profit de la plaignante est ainsi ordonné.

Une stratégie UDRP de Valentino offensive et efficace

Cette décision s’inscrit dans une stratégie globale de protection de la marque VALENTINO.

Faux site internet Valentino Outlet Online

Dans la décision D2023-4207, la plaignante obtient le transfert de 2 noms de domaine : <valentinooutletmall.com> et <valentinooutletsale.com>. Fait notable, l’un des défendeurs utilise le nom du personnage fictif Jack Sparrow. Une tentative d’évasion… qui n’a pas résisté à la rigueur de la procédure UDRP.

Ensuite, dans la décision D2023-4096, VALENTINO récupère plus de 35 noms de domaine. Ces noms déclinent la marque avec des références géographiques : <valentinoargentina.net>, <valentinobelgique.com> ou encore <valentinouk.net>. Cette stratégie de cybersquatting vise à capter un trafic international en exploitant la notoriété de la marque.

Site contrefaçon Valentino en Suisse

Par ailleurs, la décision D2023-2868 concerne plus de 30 noms de domaine supplémentaires. Parmi eux figure <valentinofrance.com>, qui cible explicitement le marché français. Le cybersquatteur Web Commerce Communications, bien connu dans ce type de litiges, apparaît une nouvelle fois dans ce dossier.

UDRP contre nom de domaine cybersquatté de Valentino en France

Une lutte continue contre la contrefaçon en ligne

La multiplication de ces procédures confirme une tendance de fond. Les marques de luxe doivent faire face à des réseaux organisés de contrefaçon en ligne.

Dans un précédent dossier analysé sur faux.fr, VALENTINO a déjà obtenu la fermeture de plusieurs sites de contrefaçon de vêtements. Ces plateformes reproduisent les codes de la marque pour tromper les consommateurs.

Dans une autre affaire, la vente de fausses chaussures VALENTINO sur un site frauduleux a également été sanctionnée. Cette décision illustre la diversité des atteintes, qui concernent l’ensemble des segments produits.

Ainsi, la procédure UDRP reste un outil essentiel. Elle permet une réaction rapide et efficace contre les atteintes aux marques dans l’espace numérique.

En conclusion, cette nouvelle victoire en UDRP de Valentino confirme la nécessité d’une surveillance active des noms de domaine. Elle démontre aussi l’importance d’une stratégie coordonnée entre titulaires de marques et conseils spécialisés.

À propos de l’auteur

Jean-François Poussard est un expert reconnu des noms de domaine, actif dans ce secteur depuis 2004. Fort de plus de 20 ans d’expérience, il accompagne les organisations dans la protection et la valorisation de leurs actifs numériques.

En 2016, il cofonde Solidnames, une société spécialisée dans la surveillance, la gestion et la récupération de noms de domaine. À travers ses activités, il collabore étroitement avec des cabinets juridiques, notamment des Conseils en Propriété Industrielle et des avocats spécialisés en Propriété Intellectuelle, afin de sécuriser les marques face aux risques de cybersquatting, de phishing et d’atteintes en ligne.

Son expertise couvre l’ensemble du cycle de vie des noms de domaine, avec une approche à la fois stratégique, technique et juridique.